Grand Tasting 2011 by Bettane et Desseauve

Grand Tasting 2011

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Comme d’habitude, un petit tour au carroussel du Louvre s’imposait en cette première semaine de décembre. Nous voila donc partie de bonne heure et de bonne humeur avec Christophe, Jérome et Gwenn… Ah la fine équipe de buveurs dégustateurs… Arrivé sans encombres après deux heures de TGV, beaucoup de monde attend patiemment l’ouverture sous les remparts de l’ancienne forteresse du Louvre (grosso modo, on poiraute dans les anciennes douves du chateau).

Rush. Sprint. Vestiaire. Verre en main et c’est parti mon kiki !
Petit détour pour commencer et saluer Arnaud du château de Brézé (en reconversion bio) qui, à force de travail, pourra enfin révéler ses grands terroirs de Saumur. Visite cordiale chez Philippe (Domaine Modat) rencontré lors de la dernière Hong Kong Wine trade fair: grand rosé aux allures de Tavel qui m’a bluffé, un blanc aromatique bien typé Sud élaboré notamment avec du Carignan blanc et 3 belles cuvées de rouge dont la cuvée « Le plus joli » que je trouve particulièrement réussie, dense, profonde et digeste ! Petite production en reconversion bio, Philippe se dirige aussi à grands pas vers la biodynamie. Un homme de conviction, passionné et éminemment sympathique. Bon, je crois que j’ai passé assez de pommade 🙂
Sérieusement, futur grand domaine suivi amicalement et de près par son voisin, un certain Hervé Bizeul… On vous aura prévenu. La cloche sonne à deux mètres, un signe du destin ? C’est le sieur Bizeul justement qui appelle la populace à venir déguster son nectar ultime, c’est l’heure de gouter la Petite Sibérie: toujours aussi concentré, toujours aussi exclusive avec ses aficionados et ses détracteurs. Perso, j’aime.
Visite obligée dans le voisinage de ces stands chez Roselyne du Domaine Gavoty. Grand blancs de Provence qui ont scotchés mes camarades qui ne connaissaient pas le domaine, un rouge 2007 gourmand à boire maintenant, sur le fruit et un 2005 à oublier impérativement au moins jusqu’à 2015 dans votre cave. Dégustation chez les Brett Brothers avec un millésime 2010 d’anthologie, même sanction au Domaine de la Mordorée ou le Chateuneuf du pape (44€) s’annonce comme la plus belle réussite du domaine depuis longtemps; Côtes du Rhône gourmand à prix sympa, beaux Lirac et un superbe Condrieu; acueil toujours sympa, difficile de se passer de cette référence du Rhône sud dans votre cave. Détour chez nos ami(e)s italiens avec un Grand Montevetrano 2007 (cuvée déjà dégustée ici et ici) et une dégustation des vins rouges du Domaine Foradori, dommage que les grandes cuvées du domaine n’étaient pas présentées à la dégustation… Un domaine à découvrir absolument (Nosiola dégusté ici).
Visite traditionnelle chez Jean Luc Thunevin pour gouter les vins à la vente: Grand Valandraud 2009 qui devrait encore une fois rabattre plus d’un clapet péremptoire à l’aveugle et un blanc de Valandraud N°1 lui aussi toujours très élégant, un peu comme sa génétrice 🙂
Dégustation de la très (trop ?) classique maison Taittinger, de la gamme de Jacky Blot en grande forme, d’un beau Clos des Mouches de la maison Drouhin, de Gilette et de Cristal Roederer, du beau Rasteau du Domaine gourt de Moutens; bref, sélection éclectique et un peu à l’arrache en fait, les stands se succédant sans grande préparation de notre part. Petit détour aussi chez Yves Leccia avec un grand Bianco Gentile et un E-Croce blanc de toute beauté (autour de 22€); n’oubliez pas le Patrimonio à encaver impérativement.
Gros coup de coeur pour les Champagne de Françoise Bédel du domaine éponyme qui réussit véritablement à sublimer ses terroirs au travers de cuvées vraiment typées: Originelle Blanc 84% Pinot Meunier, 12% de chardonnay à 26€, Dis Vin Secret avec une majorité de Pinot Meunier (67%) à 30 €, Entre Ciel et terre, 80% Pinot Meunier à 38 €, l’âme de la Terre à 43 € et ma cuvée préferéé Comme Autrefois qui comptabilise à elle seule plus de 9 ans sur lattes…. Grand Champagne, assez peu effervescent évoluant entre notes tertiaires, notes d’épices et notes iodées… Simplement un des meilleurs Champagne gouté ces dernières années… Du vin avec des bulles et non des bulles au gout de vin; la classe, même si ce Champagne reste à mon avis pas très facile d’accès pour un non initié.

Pas de Grand Tasting sans atelier. Nous avions choisi cette année le Génie du Corton. Et on commence par les rouges…

1- Corton La vigne au Saint Grand Cru, rouge 2009 – Maison Louis Latour – 54€
Notes de sous bois, de fruits rouges, de cerise kirschée; élevage vraiment marqué au moment de la dégustation, d’un autre côté c’est un 2009…, bouche dominée par de petites notes de fleurs bleue et de cerise, c’est vraiment sur le fruit mais rien ne semble en fait vraiment place; à attendre car en l’état, cela ne m’a guère enthousiasmé.

2- Château Corton Grancey Grand Cru, rouge 2009 Maison Louis Latour77.50€
Nez épicé (+++), notes de réglisse mêlées de fleurs bleues, notes d’élevage, caramel. Bouche crémeuse, harmonieuse, sans aspérités, belle texture de tanins, fruit éclatant, vin puissant et déjà empreint d’une certaine serennité, bel élevage partiellement intégré. Bouteille en devenir à revoir dans 10 ans ou plus…

Pour rappel, 2009 à Corton a été, comme dans la plupart du vignoble français, une très belle année avec une climatologie parfaite: beau temps, pas de nuages, le grand calme (olympien ?), une situation « no stress » avec une grande luminosité jusqu’à fin septembre… Un millésime exceptionnel à Corton mais dans la Bourgogne en général.

3- Bonneau du Martay – corton Grand Cru, rouge 2002
Nez envoutant, complexe; notes de pétales de rose, notes de cendres froides, de truffe, de racines, de fruits à noyau, de fleur, fraicheur mentholée bienvenue. Bouche d’une grande pureté, tanins classieux, acidité marquée qui tient le vin et l’allonge… Vin droit, élégant, minéral, très « mondain » pour tout dire. Ca claque, c’est précis, c’est tout simplement très bon !

4- Bonneau du Martray – Corton Charlemagne Grand Cru, blanc 2007 – 71€
Nez toasté, ambiance fruits secs, arachide et brioche, notes d’héspéridés, un peu sur la réserve. Môssier Bettane nous rappelle que nous avons dans nos verres « l’expression la plus ultime du Chardonnay » , rien que ca messieurs dames…
Le volume en bouche est monstruoso, très boisé à l’instant mais la matière et l’équilibre donne déjà à ce vin une classe supérieure. La pointe d’acidité en fin de bouche vient relancer le vin, c’est salivant, très bien fait, que dire d’autre… même sur ce millésime sauvé des eaux par 3 semaines de beau temps en Septembre (l’été à été archi pourri pour faire simple… imaginez le temps brestois de Novembre transposé tout l’été de la Provence à Biarritz en passant par Lille. PS: j’ai le droit de parler du temps breton car je suis breton; il vous interdit de faire de même si vous êtes parisien ou bien savoyard), le « Bonneau » il envoie du lourd. Bref, un millésime qui ne rentrera pas dans les annales de la Bourgogne. La performance n’en est que d’autant plus belle…

5- Corton Charlemagne Grand Cru Rapet Père et Fils, blanc 1992 – 130€
1992 est une grande année pour les blancs de Bourgogne. Nez mêlant agrumes, miel et notes de fruits secs, d’amande grillée, notes de vieille brioche rassie. L’acidité est vive dès l’attaque en bouche, le vin fait preuve d’une belle énergie; du volume, du gras en veux tu en voila, c’est précis, distingué mais pourtant très gourmand, notes de fleurs blanches, touche tannique en fin de bouche. Bien, moins en volume que le Bonneau du Martray précédent mais ca se laisse boire 🙂

Une belle dégustation car je dois avouer que je n’ai pas l’habitude boire des Corton toutes les semaines.

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Allez, ce fut trop court, comme tous les ans.
A l’année prochaine !



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