De l'art de se planter dans une dégustation à l'aveugle

De l’art de se planter dans une dégustation à l’aveugle

234Je le répète assez souvent mais déguster à l’aveugle est une véritable école de modestie.
Mardi dernier se tenait la première réunion de notre groupe de dégustation Salivertivin: tout le monde est là, quelques nouveaux et toute la bande de joyeux lurons habituels pour une soirée dédiée aux vins mono-cépages du Languedoc. Au programme, plein de belles étiquettes: 1903 du Roc des Anges, K09 et Naick de l’Oustal Blanc, Mas Amiel, le Domaine d’Aupihlac, le Cinsault « Pradel » de la Terrasse d’Elise, Comme à Cayenne etc.

La dégustation de ces Languedoc donnera lieu à un compte rendu complet sur le blog de Vertivin. Je ne vais vous parler que de LA découverte de la soirée et vous expliquez le pourquoi du titre de ce billet: « De l’art de se planter dans une dégustation à l’aveugle ».
« Comme à Cayenne » est d’ailleurs déjà commenté ici, « Le Pradel » ici, K09 ici.

la bouteille que j’ai préféré ce soir est donc une bouteille que je ne connaissais absolument pas: La cuvée « Chut… Fantine » du clos Fantine (à coté de Faugères)  – 19€
Nez qui ne se livre pas tout de suite, à l’aération le côté austère est remplacé par des notes de garrigue, de thym et des notes animales très marquées. La bouche est compacte et suave, tanins serrés, grande finesse, notes de  fleurs bleues (violette, pivoine), fruits noirs et notes lardées (+++). Longue finale sur des notes de viandox  (++++)… Belle allonge. J’ai adoré ce vin puissant qui est pourtant à l’opposé de ce que j’aime d’habitude… Peut être la jocelynite aiguë ou la jeanbaptistite chronique, allez savoir.. 🙂
L’étiquette est sympa, ambiance zen, bouddhiste avec un personnage asiatique en position du Lotus; pourquoi ? bah je ne sais pas… si quelqu’un peut éclairer ma lanterne.
Très Bien+

chut_fantine

Juste après cette belle bouteille, intense, puissante et plutôt « lourde » en bouche (dans le sens: ca envoie du lourd), nous était présenté à l’aveugle la cuvée 100% Cinsault Le Pradel. J’avais un peu braillé haut et fort sur ce présent blog que j’avais A-D-O-R-E cette bouteille et que la dernière dégustation avait été un véritable coup de cœur… Tout le monde attendait donc cette bouteille au tournant.
On nous sert donc le nouveau breuvage; je ne reconnais pas la robe… La bouche est les nasaux toujours envahis par Fantine, me voila à essayer de déguster le vin présent dans mon verre… Hummm…je goute,  je déteste cordialement ce qui m’est proposé à ce moment là…

terrasse_elise_le_pradel_2007

Alors ? Qu’en déduire ?
Que je ne suis pas le nouveau Philippe Faure-Brac, mais ca je m’en doutais un peu.
Non, sérieusement, la dégustation à l’aveugle est un art difficile… J’avais retrouvé ce qui caractérisait cette cuvée, la trame acide déjà évoquée avec Jocelyn lors  de la première dégustation, la cerise légèrement kirschée, les fruits rouges, le côté Bourguignon évoqué à la table, j’ai même entendu un « ça pourrait être un Pinot Noir » mais rien, nada, le vide astral inter-galactique, je n’ai pas percuté tant ce Pradel était à des années lumières de mon précédent souvenir de dégustation. Ce soir, cette cuvée ne me parle  définitivement pas et cette trame acide me déplait au plus haut point. Tout juste ai-je noté rapidement sur un coin de mon carnet « café grillé, fruits cuits, réglisse, eucalyptus, cerise, notes de parfumerie à l’aération, trame acide marquée (+++), BOF… » Nous vla bien avec ca… 🙂
Alors ?
Plusieurs facteurs certainement ont influé sur mon jugement: la pleine Lune, peut être, mais je pense surtout que l’ordre de passage de ce Cinsault juste après la cuvée Fantine, l’a plus que desservi. Rajoutons le lieu de dégustation, la lumière ? va savoir Charles. Voila. Un jour tu aimes et encenses, le lendemain, tu détestes et tu craches…

J’en retire deux conclusions fort simple néanmoins: 1) sauf défaut majeur du vin, difficile de se faire une opinion nette et tranchée sur un vin dans une série à l’aveugle comportant plusieurs vins et  2) l’ordre de dégustation des vins est primordial. (autant que votre état de fatigue ou votre état d’esprit à cet instant « T »).

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Bref, pas d’excuses, tout ca dire que je m’a bien planté ce soir là mais c’est pas grave…
J’ai encore 3 cuvées « Pradel » dans la cave qui attendent le plat qui les sublimera et ça, je n’en doute aucunement car c’est réellement une belle bouteille.

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